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Religion

La majorité balinaise (2’500’00 personnes) pratique une branche locale de l’hindouisme, appelée Agama Hindu Dharma, cependant on pratique aussi l’Islam (700'000 pers.), le christianisme (40'000 pers.) et le bouddhisme (10'000 pers.).

L’hindouisme balinais est un mélange de croyances indigènes, de bouddhisme et de shivaïsme d’origine indienne. La philosophie indienne a fourni le cadre théologique tandis que les croyances indigènes ont nourri les rituels.

A Bali, la nature est perçue comme un pouvoir et le culte des éléments naturels est omniprésent. Chaque composante de la nature est l’émanation d’un ou plusieurs esprits qui ont leurs autels et sont nourris par différentes offrandes.

La montagne, refuge des Dieux et des ancêtres, est le pôle de la pureté et puisque l’eau, généralement, jailli des sources de montagnes pour aller se jeter dans la mer, celle-ci est le pôle de l’impureté.

Les Dieux et les ancêtres gardent le contact avec les vivants  grâce aux offrandes et aux danses qui les font « descendre » pendant les fêtes de temples. Il est aussi possible de faire appel à un médium.

Les offrandes rituelles

Vous ne pouvez pas vous promener à Bali sans remarquer ces femmes qui portent des offrandes sur un plateau et les déposent de-ci de-là.

Ces petites offrandes journalières, les canang sari, sont des offrandes modestes composées de deux petites corbeilles en feuilles de bananier.

La première corbeille, qui contient chaux, noix d’arec et feuille de bétel, s’appelle le porosan et symbolise les dieux de la trinité hindoue (Brahma, Wisnu et Siwa)..

La deuxième, le vrassari, est décorée de motifs liés à la swastika, symbole de l’hindouisme (symbole repris par l’armée nazi sous le nom de croix gammée). Les décorations de l’offrande symbolisent la fermeté de la pensée, les fleurs dont elle est remplie, la sincérité du cœur.

Le canang sari est un témoignage de gratitude pour les bienfaits qu’accordent les dieux. Quant à ceux que l’on trouve dans les cimetières, ponts, carrefours, magasins, voitures,… ils ont pour l’essentiel une fonction expiatoire.

Vous avez peut-être eu l’occasion de voir des femmes avec de tours de fruits, œufs et gâteaux sur la tête, marchant en procession dans les rues. Ces offrandes, les banten tegeh, sont confectionnées à l’occasion d’une odalan, cérémonie d’anniversaire d’un temple.

Une fois bénies par les dieux, les offrandes sont rapportées a la maison et mangées par les membres de la famille, les dieux ne prenant que l’essence, invisible, de ces offrandes.


Grains de riz sur le front et fleurs sur les oreilles

Lors de la prière rituelle, les officiants donnent quelques grains de riz aux fidèles, qu’ils se collent sur le front. Ces grains, appelés bija, symbolisent la bénédiction de Sang Hyang Widhi, le dieu suprême de l’hindouisme balinais.

Les fleurs sont utilisées pour prier. Dès la fin de la prière, les Balinais séparent une fleur en deux et en glisse une moitie sur chaque oreille. Pour les couples, elles représentent, respectivement, la protection de la femme par son mari et la fidélité de la femme à son mari. Pour les célibataires, elles symbolisent l’entraide.


L’eau consacrée

La fonction principale des grands prêtres Balinais (pemangku) est de procéder, chaque matin, à la consécration d’environ trois litres d’eau. Celle-ci a de multiples fonctions, elle sert à  asperger les offrandes et est utilisée dans tous les rites hindouistes (crémation, sacrifice, mariage,…)

Après la prière, le pemangku asperge trois fois la tête de chaque fidèle pour l’inciter a e bonnes pensées, puis il la lui donne a boire par trois fois pour l’inciter a de bonnes paroles. Enfin, a trois reprises, le fidèle s’en lave le visage afin de s’inciter lui-même aux bonnes actions.





Les rites, cérémonies et fêtes

Rites sacrificiels

Ils sont destinés au rétablissement du bon équilibre de toute chose, à l’apaisement des puissances démoniaques. Selon l’occasion, on sacrifie des bœufs, des porcs, des canards, des chèvres,…

Le sang du coq de combat est particulièrement apprécié des démons, d’ou l’importance des combats rituels. Cependant, ils sont depuis peu interdits par le gouvernement indonésien.

La naissance

Dans la croyance balinaise, un enfant vient au monde avec quatre frères (le liquide amniotique, le sang, le placenta et l’enveloppe).

Ces quatre éléments grandiront, s’épanouiront et mourront avec l’individu auquel ils appartiennent. Ce sont les protecteurs du bébé et, plus tard, de l’adulte. A chaque jour faste, il faut leur consacrer des offrandes afin de les apaiser.

Le limage des dents

Cette cérémonie marque l’entrée de l’adolescent-e dans le monde des adultes. Un prêtre lime les canines afin d’inviter les jeunes gens a acquérir la maîtrise de leurs appétits (sensuels, de richesses, de pouvoir,…).

Des canines très pointues sont un signe de mauvais caractère dont les six formes sont la colère, la jalousie, la paresse, l’avarice, l’orgueil et l’égoïsme.

Le mariage

Traditionnellement, le jeune homme doit enlever la jeune fille, consentante, et déposer des offrandes pour les dieux. Pendant ce temps, les parents jouent le jeu et les cherchent. Une fois les offrandes faites, le couple revient chez les parents afin de fixer la date du mariage.

Il arrive aussi que ce soit les parents qui organisent le mariage, avec l’accord des deux jeunes gens. Toutefois un mariage hindou coûte cher (cérémonie, offrandes, banquet,…) et c’est au futur mari, parfois avec l’aide de ses parents, de payer. Donc, un homme qui n’a pas assez d’argent pour couvrir les frais du mariage est condamné au célibat !

Rites funéraires

La crémation des défunts est un devoir sacré et tous les villageois sont tenus d’apporter leur aide. Il existe deux types de crémation, les individuelles et les collectives.

D’après la tradition, la crémation individuelle est réservée aux pedanda (grands prêtres), au Cokorda (descendants de famille royale) et aux pemangku (maîtres de cérémonies).

Les crémations collectives ont lieu environ tous les trois ans. On brûle morts et offrandes dans des sarcophages puis l’on ramasse les cendres pour les jeter à la mer.

La crémation a pour fonction de rendre les cinq éléments cosmiques dont le corps est fait (terre, eau, feu, air et lumière) au cosmos.



Sachez encore que:

  • Un autel ou un petit temple dressé près d’un objet naturel remarquable (vieil arbre, gros rocher,…) signifie qu’un être invisible y a élu domicile. L’autel permet de déposer des offrandes afin de l’apaiser.
  • Quant aux buta kala (esprits de la terre), ce sont des forces démoniaques qui hantent les carrefours, les cimetières, les rivières et certains arbres, c’est pourquoi on y dépose des offrandes canang sari.
 
 
 
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