Les castes
La structure sociale balinaise est complexe, elle se compose de trois castes et d’une « hors-caste ». La place de l’individu est déterminée par sa parenté et sa caste (wangsa, kasta), d’une part, et de son village, son « banjar » (groupe de vie), d’autre part.
Le principe des castes est relié au karma et au samsara. Le karma représente la fructification de ses propres actes, le samsara, quant à lui, représente le processus cyclique de la naissance, de la mort et de la renaissance. Le statut de l’individu étant la conséquence des actes de sa vie antérieure.
Dans le Rig Veda, le plus ancien texte liturgique connu, on nous dit que lors du sacrifice de Brahma (qui fût sacrifié et coupé en petits morceaux pour créer les choses de ce monde) la bouche du Dieu symbolise la caste des brahmanes, ses bras les kshatrias, ses jambes les vaiças et ses pieds les sudras.
Comme dit précédemment, il existe trois castes, que l’on regroupe sous le nom de trigwansa, ce qui signifie les trois peuples et représente 10 % de la population balinaise. Ces trois castes sont, par ordre d’importance :
- Les brahmanes, caste des prêtres.
- Les kshatryas, caste des guerriers.
- Les vaiçyas, caste des marchan
Il existe pour ces trois castes nobles des protocoles linguistiques et sémantiques complexes. C’est pourquoi il y a plusieurs niveaux de langues balinaises et que lors d’un spectacle, par exemple, les places soient attribuées dans un ordre hiérarchique précis.
Les brahmanes sont les seuls à pouvoir devenir prêtres, ce sont les dépositaires des pouvoirs magiques et ils sont les seuls habilités à sculpter les masques de barong (danse traditionnelle).
Les kshatryas sont les descendants des rois et princes qui gouvernèrent Bali jadis, ils appartiennent à la noblesse de guerre et ont joué un rôle fondamentale dans la résistance contre les hollandais.
Les Vaiças reprèsentent la caste des marchands et des fonctionnaires, ils sont nommés par la caste des kshatryas.
Les Sudras (90% de la population) sont les paysans, les roturiers. Ils ne forment pas une caste et sont des « hors-castes », à l’image des Intouchables en Inde, à ceci près qu’ils ont plus de privilèges que leurs cousins et sont mieux lotis.
Vous avez peut-être remarqué qu’à chaque fois que vous demandez son nom à un indonésien, il vous semble entendre la même réponse ?
Cela tient du fait que chez les Sudras, l’on nomme le premier enfant, quelque soit son sexe, Wayan (ce qui signifie l’aîné) ou Putu ou Gedé qui sont des synonymes, le second Made (moyen) ou Kadék ou Nengah et le troisième Nyoman (le petit, le dernier) ou Komang.
La tradition indique qu’il y a longtemps, les parents ne voulaient pas plus de trois enfants, mais comme il y arrivaient rarement, un quatrième finissait par arriver qu’ils appelaient Ketut (la fin). Pour la suite, on prend les mêmes et on recommence ! Pour différencier un garçon d’une fille, on emploiera le préfixe I pour un garçon et NI pour une fille.
Sachez encore que :
- Les hommes de la caste des brahmanes portent le titre Ida Bagus et les femmes celui de Ida Dayu.
- Les hommes de la caste des kshatryas portent les titres de Cokorda pour les descendants de familles royales, Dewa Agung et Anak Agung pour les autres. Les femme ont le titre de Dewa Ayu ou Dewa Agung Istri.
- Les hommes de la caste des vaiçyas porte le titre de I Gusti et les femmes celui de I Gusti Ayu.
- Les castes supérieures parlent l’alus, proche du javanais et les sudras parlent le kasar, d’origine malayo-polynésienne.
- Il existe aussi le madya, un dialecte utilisé si l’on ignore la caste de son interlocuteur.
Mais on s’y retrouve en parlant le bahasa indonesia, langue nationale et sans distinction de classes (puisqu’elles sont propres à Bali, si vous avez bien suivi) ou encore l’anglais, parlé par tout le monde dans les centres touristiques. |
|